Le mentorat. Le parent pauvre des ressources humaines?

Renée Houde dans son livre « Des mentors pour la relève » qualifie de le mentor de bon parent. Un parent qui a à coeur le développement de sa progéniture, ou de la génération suivante. On associe ce besoin psychoaffectif au concept de générativité.

La dimension affective de la relation mentorale

La relation mentorale est riche, profonde et multidimensionnelle. Elle échappe à plusieurs définitions réductionnistes, car la relation mentorale est, à mon avis, à géométrie variable.

Elle s’adapte aux individus qui se sont choisis, selon certains critères propres à eux et à un objectif commun : le développement du mentoré (ou du protégé, si vous voulez). Ainsi, l’aspect affectif de la relation se réfère à ce qui est unique, à la confiance mutuelle, aux émotions, aux craintes et aux joies partagées, voire même des frustrations. Comme toute relation humaine, les émotions ont leur place. Le mentor est unique. Le protégé également. Si l’on remplace l’un ou l’autre dans la dyade, plus rien n’est pareil. Pourtant l’objectif de développement demeure, les compétences du nouveau mentor peuvent également être les mêmes, son âge également, mais pas la personnalité, par le lien affectif qui s’était établi.

Le mentor un bon parent… Alors pourquoi le mentorat serait un parent pauvre?

Bien souvent, les gens comprennent l’essence, même superficiellement, du mentorat. Personne n’est contre la vertu. Le mentorat a bonne presse. Alors pourquoi serait-il pauvre?

Parce que le mentorat ne peut être évalué de la même manière que d’autres services ou ressources en entreprise. Ce qu’on appelle en anglais le ROI (Return on Investment) est incalculable, sinon il doit tenir compte d’un nombre absolument élevé de facteurs et variables dynamiques.

Alors, d’un côté, nous avons la vertu louable du mentorat comme étant un superbe catalyseur du développement de potentiel et de talent. De l’autre, il y a des résultats que nous ne pouvons imputer, sans doute raisonnable (le fameux ROI), au seul mentorat. Du coup, pour les gestionnaires, comment justifier les dizaines de milliers de dollars investis avec certitude?

Le mentorat c’est la vie… où il n’y a aucune certitude

Bien difficile dans le monde du travail de justifier ce qui ne peut être chiffré avec précision. Il s’agit alors d’un acte de foi. Mais la foi, de nos jours, est bien souvent associée à la religion et, par conséquent, écartée.

J’ai la foi en l’être humain, en ce qu’il a de meilleur; conforme au courant de pensée humaniste. J’ai la foi en le mentorat, malgré qu’il soit impossible à évaluer dans les règles comptable actuelles.

Sachez toutefois, que ce qui peut être évalué, c’est la qualité de la relation, de la confiance, des suivis effectués par le responsable du service qui doit s’y consacrer à temps plein.

Et c’est comme ça qu’il devient le parent pauvre

Toutefois, comme il est difficile de justifier les coûts salariaux et de charges sociales de la personne responsable du programme de mentorat, on choisit alors d’y investir le minimum. Puis il devient le parent pauvre des ressources humaines.

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